Accueil · Comprendre le RGA

Le sol qui bouge sous les fondations : le retrait-gonflement des argiles.

Une catastrophe naturelle lente, sans image spectaculaire, qui abîme silencieusement des dizaines de milliers de maisons individuelles chaque année en France.

Le phénomène

Un sol qui gonfle l'hiver et se rétracte l'été.

Les sols argileux se comportent comme une éponge : gorgés d'eau, ils prennent du volume ; asséchés, ils se rétractent. Ces variations peuvent atteindre 10 % du volume du sol. Multipliées par l'épaisseur d'argile sous les fondations, elles génèrent des mouvements différentiels qui déchirent littéralement les maisons.

Le phénomène s'accélère avec le changement climatique : sécheresses plus longues, précipitations plus intenses. Les Hauts-de-France, historiquement épargnés, sont désormais en première ligne.

Le saviez-vous ? Le RGA est la deuxième cause d'indemnisation au titre des catastrophes naturelles en France, derrière les inondations. Il pèse déjà plus d'un milliard d'euros par an pour les assureurs.
Hiver Été Argile gorgée d'eau, gonflée Argile asséchée, rétractée, fissurée 6 mois

Pourquoi « silencieuse »

Rien n'explose, rien ne s'effondre — et pourtant, la maison meurt lentement.

Lente

Des mois, souvent des années

Les premières fissures apparaissent parfois deux à trois ans après une sécheresse marquante. Les dégâts s'aggravent à chaque nouveau cycle sec.

Invisible

Pas d'image de « catastrophe »

Ni inondation ni tempête : les fissures se glissent dans les cadres, dans les plinthes, dans les fondations. Rien à filmer au 20h — sauf drame humain.

Coûteuse

De 30 000 à 250 000 €

Sondages géotechniques, reprises en sous-œuvre, micropieux : le coût d'une remise en état dépasse souvent la valeur du bien.

Signaux d'alerte

Reconnaître un sinistre RGA chez soi.

Aucun de ces signaux n'est anodin s'il apparaît après une période sèche prolongée.

✳Fissures en escalier le long des joints de parpaings ou de briques, souvent sur un angle de mur.
✳Fissures traversantes visibles à la fois à l'intérieur et à l'extérieur d'un même mur.
✳Portes et fenêtres qui coincent, s'ouvrent difficilement, cadre déformé.
✳Carrelage qui claque, se soulève, jour au niveau des plinthes.
✳Dallage extérieur désolidarisé de la maison, marches déformées, terrasse fendue.
✳Fissures évolutives qui reviennent chaque été, malgré les rebouchages.
Que faire si vous reconnaissez ces signaux ? Ne rebouchez rien avant photos datées. Contactez votre mairie pour signaler le sinistre, puis suivez notre parcours pas-à-pas ou écrivez-nous.

La reconnaissance CatNat

Sans arrêté, pas d'indemnisation.

La garantie catastrophes naturelles de votre contrat multirisque habitation ne se déclenche que si votre commune est reconnue en état de catastrophe naturelle sécheresse pour l'année du sinistre. Cette reconnaissance passe par un arrêté interministériel publié au Journal officiel.

C'est un système à double verrou : la commune doit demander la reconnaissance, et l'État doit l'accorder. Chaque refus peut être attaqué — c'est un des combats permanents de l'association.

Signalement en mairie

Les sinistrés se déclarent à la commune, qui recense les dommages.

Demande communale

La mairie sollicite auprès de la préfecture la reconnaissance CatNat pour l'année concernée.

Instruction par l'État

Météo-France et le BRGM produisent des avis techniques (durée de sécheresse, humidité du sol).

Arrêté interministériel

Publication au JO. Les sinistrés ont ensuite 30 jours pour déclarer à leur assureur.

Recours au tribunal administratif

C'est là que l'association intervient : recours groupés, expertise, mobilisation.

Vous pensez être concerné ?

Nous avons construit un parcours simple pour aider les sinistrés à comprendre où ils en sont et quelles sont leurs prochaines étapes.